Vivre avec les rennes…chapitre 3

Les premiers flocons de neige viennent de tomber en Laponie. A cette période de l’année, les éleveurs de rennes participent au tri de leurs animaux dans des enclos prévus à cet effet: on appelle ça le « poroerotus » en finnois.

J’ai participé à l’une de ces journées pour vous ramener quelques photos et vous raconter comment ça se passe…

« Poroerotus », un tri sélectif des rennes

Le début de l’hiver est une période cruciale pour les éleveurs. Regroupés en coopératives, ils discutent et décident ensemble des quotas d’abattage et des dates de rassemblement des troupeaux. Eh oui, il ne faut pas oublier qu’on élève les rennes aussi pour la production de viande, et que cela fait partie des aliments de base dans la cuisine en Laponie.

Destination Laponie: poroerotus

Destination Laponie: poroerotus

En octobre, les rennes entrent en rut et les mâles rassemblent les rennes femelles en petits troupeaux. Les éleveurs partent alors à la recherche de ces troupeaux et les rabattent vers des enclos de tri. Ils le font principalement à pied, mais ils se servent aujourd’hui de quads, de motos tout-terrain ou encore de motoneiges en hiver pour rejoindre certaines zones difficilement accessibles.

Afin d’effectuer un comptage des cheptels et de faire l’état de santé des animaux, ces journées de tri ont lieu plusieurs fois par an et notamment en automne et en hiver.

Comment se passe la sélection des rennes?

Lorsque l’on arrive à un enclos de tri,  les éleveurs, équipés de « suopunki » (nom donné au lasso local) se mettent au travail et commencent à faire leur sélection. Ils attrapent les rennes avec ces lassos et sont très habiles à ce jeu là.

Pour avoir moi-même participé activement à ces journées de tri, je peux vous dire, que cela demande un bonne condition physique et de la force. Les rennes mâles, très puissants, sont au sommet de leur forme après s’être nourris abondamment durant l’été et l’automne. Il faut parfois s’y mettre à plusieurs pour canaliser un animal et le transférer dans les enclos voisins.

Destination Laponie: poroerotus

Destination Laponie: poroerotus

Un enclos de tri, ça ressemble à quoi?

Ces enclos se composent de plusieurs compartiments. Le « siula » est le plus grand de ces compartiments. C’est là que commence vraiment le processus de tri. C’est dans le « siula » que sont regroupés tous les rennes d’une zone géographique donnée et attribuée aux associations d’éleveurs. On y identifie aussi les rennes issus d’autres régions et on les met à l’écart pour qu’ils soient récupérés par leurs propriétaires.

L’identification et l’appartenance d’un renne se fait grâce aux marques dans ses oreilles lorsqu’il est encore petit: très souvent dès son premier printemps. Chaque éleveur possède sa propre marque et je consacrerai d’ailleurs un article spécifique sur ce sujet pour vous expliquer en détail l’importance et l’histoire de ces marques.

Destination Laponie: poroerotus

Destination Laponie: poroerotus

Certains rennes sont ensuite transférés par petits groupes en enclos appelés les « kirnu ». Les animaux destinés à la production de viande y sont marqués et transférés dans les enclos appelés « konttori ». Ceux destinés à la reproduction sont marqués et annoncés au responsable du tri qui marque le numéro du renne (ensuite remis en liberté) et le nom de son propriétaire dans son registre. Les rennes reçoivent aussi à cette époque un médicament contre les parasites.

La journée fût intense et rythmée par le bruit des sabots des bêtes qui tentent d’échapper aux lassos des éleveurs. Durant la pause déjeuner, nous avons pu déguster un plat typique préparé au feu de camp dans de grandes marmites: de la langue de renne ayant mijotée  au moins 1h dans un bouillon. Une spécialité culinaire à gouter si vous en avez l’occasion!

Vers 16h, notre journée s’est achevée par un bon café et des brioches. Nous nous sommes donnés rendez-vous pour la prochaine journée dans quelques semaines.

Recommended Posts

Leave a Comment